La négation (2)

Publié le par N. J.

Dans le texte suivant, repérez et analysez tous les éléments de négation.

On ne pouvait pas dire cependant que Mirko fût mal disposé ou rebelle. Il exécutait docilement les ordres qu’on lui donnait ; il allait puiser de l’eau, fendait du bois, aidait aux travaux des champs, débarrassait la cuisine et, quoique avec une lenteur irritante, s’acquittait consciencieusement de tous les services qu’on lui demandait. Mais le plus contrariant pour le bon curé était la totale indifférence de ce garçon déconcertant. Il ne faisait rien sans y avoir été explicitement invité, ne posait jamais la moindre question, ne jouait pas avec les autres garçons et ne se lançait de lui-même dans aucune activité, sauf si on lui avait formellement donné l’ordre ; dès qu’il avait accompli les tâches du ménage, Mirko restait assis dans la salle, immobile, avec ce regard vide qu’ont les moutons dans la pâture, et sans manifester le moindre intérêt pour tout ce qui se passait autour de lui. Le soir, pendant que le curé, en fumant sa longue pipe rustique, jouait ses trois parties d’échecs avec le brigadier de la gendarmerie, ce garçon aux cheveux blonds restait là sans un mot, assis à côté d’eux, et de ses yeux apparemment ensommeillés et indifférents sous lourdes paupières, il fixait les cases de l’échiquier.

Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs, 1942 (posthume). Traduction de B. Vergne-Cain et G. Rudent pour Le Livre de Poche, pages 29-30.

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