Les paroles rapportées (1)

Publié le par N. J.

Comment sont rapportées les paroles des personnages ? Pourquoi Balzac a-t-il fait ce choix ?

M. Grandet, un tonnelier d’une grande avarice, a constitué pour sa fille Eugénie une collection des pièces rares d’une grande valeur. Il vient de découvrir qu’elle a donné cet argent à Charles, le jeune homme qu’elle aime, alors que celui-ci rencontrait de sévères difficultés financières.

Il grimpa les escaliers avec l’agilité d’un chat et apparut dans la chambre de madame Grandet au moment où elle caressait les cheveux d’Eugénie dont le visage était plongé dans le sein maternel.

– Console-toi, ma pauvre enfant, ton père s’apaisera.

– Elle n’a plus de père, dit le tonnelier. Est-ce bien vous et moi, madame Grandet, qui avons fait une fille désobéissante comme l’est celle-là ? Jolie éducation, et religieuse surtout. Hé bien ! vous n’êtes pas dans votre chambre. Allons, en prison, en prison, mademoiselle.

– Voulez-vous me priver de ma fille, monsieur ? dit madame Grandet en montrant un visage rougi par la fièvre.

– Si vous la voulez garder, emportez-la, videz-moi toutes deux la maison. Tonnerre, où est l’or, qu’est devenu l’or ?

Honoré de BALZAC, Eugénie Grandet, 1834.

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