Les Fables de Jean de la Fontaine

Publié le par N. J.

Hyacinthe Rigaud, Portrait de Jean de La Fontaine, 1684.

Hyacinthe Rigaud, Portrait de Jean de La Fontaine, 1684.

Jean de La Fontaine (1621-1695) est le plus célèbre des fabulistes français. Son recueil de Fables est composé de douze livres dont les six premiers, publiés en 1668, sont dédiés au Dauphin, le fils de Louis XIV (1661-1711), et destinés à son éducation ; les suivants sont dédiés à différentes personnalités de l’époque. Le dernier paraît en 1693.

La Fontaine n’a pas inventé le genre littéraire de la fable, mais il s’inspire de modèles antiques qu’il souhaite moderniser : ainsi, il a étudié avec attention et passion l’œuvre du fabuliste grec Esope (VIIe-VIe s. av. J.-C)  et celle du fabuliste latin Phèdre (15 av. J.-C.-50 ap. J.-C).

Les fables de La Fontaine sont des textes poétiques écrits en vers. Ce sont des récits qui, pour la plupart, mettent en scène une société d’animaux personnifiés qui représente la société humaine. Ces animaux incarnent clairement des vertus (qualités), des défauts, et des valeurs propres (liberté, amitié, justice) aux hommes.

Le but du fabuliste est de plaire au lecteur par son art du récit et la variété des situations tout en l’instruisant. Celui qui lit une fable doit adopter un regard critique, c’est-à-dire s’interroger sur les actions humaines et en déduire une leçon de sagesse. Il est souvent guidé dans sa réflexion par la morale, située au début ou à la fin de la fable, mais celle-ci n’est pas toujours exprimée.

La fable propose donc une argumentation indirecte : elle défend une idée, de manière indirecte, en passant par un récit qui l’illustre.

Tout au long de son célèbre recueil, La Fontaine n'a cessé d'expliciter son projet. Deux citations sont à connaître pour mieux comprendre le but qu'il poursuit :

Je chante les héros dont Ésope est le père
Troupe de qui l'histoire, encor que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons:
Ce qu'ils disent s'adresse à nous tant que nous sommes.
Je me sers d’animaux pour instruire les hommes.

« Dédicace à Monseigneur le Dauphin », Fables.

Je tâche d’y tourner le vice en ridicule.

« Le Bûcheron et Mercure », Fables, V, 1

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